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Un
objectif plus élevé que celui du seul profit personnel La fondation de la Nouvelle-France naura rien coûté à lÉtat français, qui dailleurs ne sy intéresse guère avant Richelieu (1626) et Louis XIV qui nen fit une véritable colonie royale quen 1663. En effet, le financement des établissements de lîle Sainte-Croix, de Port-Royal et de Québec a été assuré entièrement par la compagnie de Dugua de Mons, de 1604 à 1613, même après que le commerce des fourrures fut de nouveau ouvert à la concurrence, à partir de 1609, privant ainsi Dugua de revenus importants. Cest pourquoi dailleurs, Dugua sera amené inévitablement, à céder les parts qui lui restaient en Acadie et à vendre " lAbitation " de Québec, en 1613 à la nouvelle " Compagnie du Canada " (dont il est actionnaire minoritaire). Il faut dire aussi que lassassinat dHenri IV, le 14 mai 1610, lui avait fait perdre son royal protecteur et donc une partie de ses chances pour poursuivre son uvre en Nouvelle-France. Jusquen 1622, Dugua restera actionnaire minoritaire des diverses compagnies qui se succéderont à Québec. Les droits quil possédait en Acadie avaient déjà été cédés à la marquise de Guercheville, protectrice des pères jésuites. À Québec, en 1612, le comte de Soissons et peu après sa mort subite, le prince de Condé prendront la relève de Dugua tout en gardant Champlain comme lieutenant sur place. Il convient de rappeler que, contrairement aux autres marchands qui navaient pas dobligation de coloniser, Pierre Dugua na pas agi comme eux dans la seule perspective du profit personnel. Lhistorien canadien, Georges MacBeath, la bien précisé en écrivant dans le Dictionnaire biographique du Canada : Parce quil (Dugua) ne sintéressait au commerce quen tant que source nécessaire des fonds quexigent la colonisation et la découverte, il a sacrifié son gain personnel afin datteindre un objectif plus élevé, dans la poursuite duquel Champlain fut son allié indéfectible. |