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Le
monopole commercial des fourrures pour financer la
colonie En contrepartie de la très onéreuse charge financière laissée à Dugua, cest-à-dire dexplorer et de coloniser à ses frais, le roi lui accordera, le 18 décembre 1603, le droit exclusif de faire le commerce des fourrures au Canada, fourrures qui seront admises en franchise douanière en France. Cest donc à partir des profits escomptés de ce commerce (profits qui en définitive savéreront très modestes), que Dugua devait financer entièrement létablissement de la colonie et lexploration de terres nouvelles en Amérique du Nord. La liberté de la pêche aux Terres-Neuves nétait nullement affectée par le monopole terrestre de Dugua. Rien détonnant que les autres marchands de fourrures, principalement ceux de Rouen, Saint-Malo et Saint-Jean-de-Luz, ainsi que les chapeliers de Paris (qui achetaient les peaux de castor pour en faire délégants chapeaux de cérémonies) aient protesté énergiquement à la Cour contre le monopole commercial ainsi accordé au sieur de Mons. Pire, ils ne se gênèrent pas pour faire voler, par des corsaires gascons, hollandais et autres, les fourrures que les navires de Dugua ramenaient en France pour les vendre afin de subvenir aux frais énormes de la colonie naissante de la Nouvelle-France. En réalité, Dugua ne sest nullement enrichi au Canada ; au contraire, il y laissa sa fortune. Cest donc dans des conditions politiques et économiques plutôt difficiles que Dugua réussit à créer, dès le 8 février 1604, une société financière avec, entre autres, deux bourgeois de La Rochelle, Samuel George et Jean Macain (lesquels, plus tard, lui feront des procès quils perdront). |