Buste de Dugua au sommet de son monument à Annapolis Royal (N.É.)

Pierre Dugua, seigneur de Mons, à Royan

Pierre Dugua est né à Royan (Charente-Maritime) vers 1560, dans une famille noble. Il porte le titre de seigneur de Mons, selon le nom du fief qu’il possède sur la petite colline qui domine Royan et où est situé le château de famille. Le château original fut détruit en 1737 et reconstruit à partir de 1739 par Marianne de Saint-Légier. Son père est Guy Dugua et sa mère Claire Goumard, également d’ascendance aristocratique.
Armes de Pierre Dugua sieur de Mons - Reconstitution de Port -Royal
Les armoiries des Dugua : l’estoille et un croissant d’argent en champs de gueules et une bande d’or par milieu se voient sur la cheminée principale du château des Châtellars à Meursac, à l’abbaye de Sablonceaux, sur le monument dédié à Pierre Dugua à Royan et à l’entrée de «l’habitation» de Port-Royal (Annapolis Royal, N.-É.). Sous ce blason, on releve la devise Dabit Deus his quoque finem (Dieu leur accorda cette terre).

Son grand-père paternel était Loubat Dugua, capitaine " des châteaux de Royan ". Pierre Dugua avait une sœur, Marie. Calviniste, Dugua épousera, en mai 1597, une catholique, de famille noble, Judith Chesnel, née au château de Meux, près de Jonzac. Ils n’eurent pas d’enfant. Malheureusement, nous ne possédons aucun portrait du gentilhomme saintongeais (pas plus que de Champlain).

À noter que le nom de Pierre Dugua a été écrit de plusieurs manières : Du Gua, Du Guast, du Gas, de Mons, de Monts, etc. Lui-même signait souvent " Pierredugua " d’un seul mot. Il ne faut pas confondre avec un monsieur de Monts envoyé à Québec en 1662 par Louis XIV, à titre de commissaire, en vue d’y faire enquête sur la situation de la Nouvelle-France.

À partir de 1582, Dugua de Mons se distingue en luttant sous la bannière d’Henri de Navarre, tout comme Champlain, contre la Ligue (catholique). Il a pu rencontrer, en 1580, le futur Henri IV quand celui-ci se trouva à la citadelle de Royan assiégée. Plus tard, en récompense pour ses services, Henri IV lui fera verser une pension en 1594 et l’élèvera à la dignité de Gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roy. Il sera aussi nommé Gouverneur du château de Madrid et Bois de Boulogne. À la fin de sa carrière, Pierre Dugua deviendra gouverneur de la ville de Pons (1610-1618), place de sûreté huguenote où Samuel de Champlain, son Lieutenant à Québec, viendra se concerter avec lui pour la gouverne de la colonie naissante de Québec. Dugua s’éteindra dans l’oubli et peu fortuné au château d’Ardenne, à Fléac-sur-Seugne (Charente-Maritime), le 22 février 1628 (un an avant que Champlain ne soit chassé provisoirement de Québec par les Anglais, jusqu’en 1632). Son épouse lui survivra dix ans et fut enterrée dans l’église de Saint-Eutrope à Saintes.

Samuel de Champlain et le poète-historien Marc Lescarbot, le célèbre chantre des débuts de la Nouvelle-France, ont décrit Pierre Dugua comme un homme honnête, aimable, généreux, bon organisateur, persévérant et surtout animé d’un grand dessein colonial pour la France et ce malgré l’apathie, voire l’hostilité, de la Cour à ce sujet. Ainsi, pour témoigner son estime envers Pierre Dugua, son supérieur, Champlain donnera le nom de «Rivière Dugas» à l’actuelle rivière Charles qui coule au centre de Boston, devant la célèbre université Harvard et, sur sa carte de 1613, il nommera «Mont du Gas» la colline qui domine Québec, aujourd’hui le «cap Diamant», ainsi nommée en souvenir de la méprise de Jacques Cartier. L’actuelle rivière Nicolet, affluent du Saint-Laurent, avait également était nommée «rivière Du Gast» par Champlain, en 1609.